🖊 Eau de toilette

《 L’odeur du confinement 》

Ça fait un moment que l’idée d’en parler me trotte, mais au vu de l’actualité, mon envie est ravivée.

Ce n’est pas pour raconter quelque chose d’extraordinaire, mais pour partager l’impact que peut avoir une odeur sur le ressenti et les émotions… Dans le cas présent, une odeur agréable, un parfum.

En Mars dernier, juste avant le premier confinement, j’ai tout bêtement acheté une eau de toilette au Chèvrefeuille, flacon d’une certaine contenance par ailleurs. Je me suis parfumée pour ainsi dire tous les jours du confinement avec cette fragrance que j’aime beaucoup. On ne va pas se mentir, quand on n’a pas le droit de sortir, pour ma part en me vêtissant de pyjamas confortables, à quoi bon gaspiller des parfums qui coûtent un bras, si personne à part vous-même et/ou les membres de votre foyer ne va/vont le sentir. Mais en ayant tout de même envie de sentir bon, bien sûr! Une eau de toilette toute simple et au prix dérisoire était le compromis parfait pour s’asperger (matin, midi, soir au vue de sa faible tenue) tous les jours… Bref, je suis devenue une casanière pyjamatée embaumant le chèvrefeuille.

À la fin des 2 mois de confinement, j’ai tout de même eu le besoin d’un air de renouveau. J’ai donc choisi d’acquérir une toute autre eau de toilette avec laquelle me parfumer le soir après une bonne douche. La journée j’utilise des parfums digne de ce nom pour leur meilleure tenue, le soir c’est la petite eau de toilette plutôt bas de gamme, le parfum-pyjama, le parjama ou encore le pyjafum, c’est comme vous voulez!

Occasionnellement, je fixais du regard mon malheureux Chèvrefeuille mis au rebut, placé juste derrière le flacon de sa fière remplaçante. « Bon, allez, on va changer un peu aujourd’hui, viens là ». J’effectue donc quelques pulvérisations de mon eau de toilette de confinement.

Et là, pendant quelques secondes, à chaque fois, une étrange sensation, à la fois agréable car j’aime cette odeur mais également un léger malaise difficilement descriptible. Un mélange de résidus émotionnels de cette période de confinement. Le stress passé dû à la fermeture administrative de mon commerce, mais aussi le côté positif du cocooning et des journées passées à jardiner, coudre, dessiner et cuisiner.

À la fois des contrariétés intenables au début et à la fin du confinement, correspondant à la difficulté de l’acceptation et au calvaire de la gestion de la reprise (planning monstreux à réorganiser, certains clients compliqués à gérer, normes sanitaires à mettre en place, quantité faramineuse de travail à rattraper…). -Heureusement qu’il y a quelques clients forts sympathiques et compréhensifs d’ailleurs, bref je m’égare.-

Et à la fois la période pile au milieu du confinement, où on s’est résigné à accepter la situation, où l’on est suffisamment loin de la tornade de la pré-reprise, le calme après et avant la nouvelle tempête, où avoir du temps pour soi, dans un esprit cocooning parvient à apaiser l’esprit.

Un véritable ascenseur émotionnel qu’est une periode de confinement, bien sûr vécu principalement par les personnes forcées à rester chez elles et très impactées dans leur quotidien habituel. Comme pour un deuil, il y a des phases… le deuil de sa liberté? Il y a quand même des gens qui ont pu aller à leur boulot bon-gré mal-gré avec d’autres problématiques, mais je ne peux pas parler en leur nom. Surtout pour le personnel hospitalier, cela va sans dire… Mais dans tous les cas de figure, on passe forcément par tout un tas d’émotions.

Enfin voilà, mon flacon est en fin de vie, je vais le terminer pendant ce 2ème confinement, comme un drôle de clin d’œil du destin, et j’aurais peut être à un moment donné l’impression d’être revenue 7 mois en arrière…

~ Kakuma

Publié par grainesdeverdure

J'aime la nature, les plantes potagères, de rocailles, vivaces, arbustes fleuris, arbustes à feuillage persistant, l'aquariophilie ainsi que la permaculture.

2 commentaires sur « ðŸ–Š Eau de toilette »

  1. très bon article Kakuma,
    C’est dans les détails qu’on voit mieux les grandes choses, et toi c’est cette odeur de chèvrefeuille.
    Je pense que pour toi le chèvrefeuille risque d’être lié pour toujours au parfum du confinement, dit comme ça cela semble presque mystérieux et poétique…
    Tu me donnes une idée d’article et ce sera une occasion de te citer 😉
    Merci encore pour ton article, il interroge et fait du bien

    Aimé par 1 personne

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